Après quelques recherches infructueuses de travail dans des fermes sur la côte Ouest, nous avons décidé de traverser les deux tiers de l’Australie d’Ouest en Est (Perth to Adélaïde) et de chercher du travail dans cette région. Nous nous sommes arrêtés à la Bibliothèque de Port Augusta un vendredi matin, et nous avons contacté une trentaine de fermes, principalement par mails et sms. A peine dix minutes plus tard, Thomas recevait une réponse positive, nous sommes immédiatement partis pour Waikerie (200 kms au NE d’Adélaïde) et quelques heures plus tard, nous commencions notre premier job en Australie : la récolte d’oranges !

Avant de débuter cette première expérience, nous avons fait des recherches sur des blogs pour en apprendre plus sur ce travail. En lisant quelques histoires, ce job était présenté comme éprouvant physiquement, et en général plutôt mal payé.
Le principe est simple, il faut enlever toutes les oranges des arbres et remplir un grand bac d’environ un mètre cube (bin). Pour cela, nous étions équipés d’un sac de récolte placé à l’avant, de gants pour se protéger des épines, et le port de vêtements longs était conseillé. Certains se couvraient également le visage à l’aide de foulards ou de masques, contre les insecticides. Ces derniers n’empêchaient malheureusement pas la prolifération des araignées (et pas que des petites !) …
Nous avons adopté une méthode classique en trois étapes pour la cueillette des oranges :
- Cueillir toutes les oranges en bas de l’arbre (du sol à environ 2 mètres)
- A l’aide d’une échelle, ramasser les oranges en haut de l’arbre (certains mesurant jusqu’à 5 mètres)
- Ramasser les oranges restantes en montant dans l’arbre (technique du « monkey ») et/ou avec l’aide d’un crochet (« hook »)

L’objectif est de remplir un maximum de « bin » dans la journée. En effet, la rémunération se fait au rendement, c’est à dire que nous sommes payés selon le nombre de ‘bin » remplies et non selon le nombre d’heures travaillées. En contrepartie, nous sommes autonomes dans l’organisation de nos journées, excepté le fait de commencer à 7H00 le matin. Nous faisons des pauses quand nous voulons et la journée peut tout autant s’arrêter à 11h00 qu’à 19h00, libre à nous de décider.
En plus de ce job, nous avions accès à des « accommodations » à une dizaine de minutes des vergers, c’est à dire un terrain pour garer la voiture la nuit, et surtout une cuisine (enfin les plaques de cuisson ne fonctionnaient pas), salle de bain, toilettes, électricité et eau potable.

Notre premier jour de travail a été plutôt difficile, avec 8h d’efforts sous un soleil brûlant, les premières douleurs d’un nouveau travail répétitif présentes, et un gain de 88$ (avant retenue de 15% d’impôt sur le revenu) à deux…
Les journées s’enchaînent, notre technique de récolte s’améliore et le corps s’habitue aux mouvements répétitifs et à la charge du sac. Le temps nécessaire pour remplir une « bin » diminue au fil des jours, cela nous permet à la fois de gagner un peu plus, de terminer plus tôt et de profiter de la seconde moitié d’après-midi pour récupérer.
Viliame, notre superviseur sur le terrain (il décide sur quelle rangée nous travaillons), a bien pris soin de nous. Une grande partie des autres travailleurs (venus d’Inde) semblait guère nous apprécier. Ils essayaient de nous faire des mauvais coups en nous laissant les arbres longs à « cleaner », en prenant nos « bins » vides sans nous laisser prendre les leurs, et même en « empruntant à long terme » une de nos échelles un matin. Rien de grave ni de méchant, et il ne s’agit évidemment pas d’une généralité, un couple âgé venu également d’Inde nous a proposé du thé lors d’une petite pause. Quoi qu’il en soit, il était difficile de discuter, ils ne parlent pas du tout anglais.
Nous avons accueilli trois français, Cloé, Alex et Maxime, pour une semaine de travail. Cela a été l’occasion de passer de belles soirées et après-midi détente.

Le mercure est monté jusqu’à 44°C (!), certainement la pire sensation de chaleur de notre vie. Le vent soufflait de l’air chaud en permanence. Ce jour là, nous avons même vu deux tornades de sable et de la fumée noire au loin, peut être le bush prenant feu… l’état « catastrophic – code red », soit le plus au niveau sur l’échelle du risque d’incendie, a été déclenché.
Après plusieurs après-midi au lac de Barmera, une ville à 50 kms à l’Est de Waikerie, nous avons rencontré d’autres « pvtistes » travaillant dans la région, et après quelques coups de fil de Thomas, nous avons été accueillis ce samedi par Murray (80 ans) dans un de ses « hôtels » de backpackers. En échange de l’hébergement (nous ne pouvons pas dormir dans notre tente), Murray s’engage à nous trouver du travail dans les fermes de la région. C’est une pratique courante en Australie. En principe, nous devrions démarrer un nouveau job ce lundi.
